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Prévoyance collective obligatoire : ce que doit vraiment prévoir votre accord de branche

  • jssimongodin
  • 6 juil.
  • 6 min de lecture


Vous dirigez une entreprise et vous avez mis en place une mutuelle pour vos salariés parce que la loi vous y oblige. Mais avez-vous vérifié ce que votre convention collective impose réellement en matière de prévoyance ? Beaucoup de dirigeants de TPE et PME confondent mutuelle obligatoire et prévoyance collective obligatoire. Ce sont deux dispositifs distincts, avec des obligations distinctes, et les conséquences d'un manquement peuvent être lourdes, aussi bien pour l'entreprise que pour les salariés.


Mutuelle et prévoyance collective : deux dispositifs à ne pas confondre

La confusion entre ces deux notions est extrêmement fréquente, y compris chez des dirigeants expérimentés. Il est donc utile de poser les définitions clairement.


La mutuelle d'entreprise, appelée aussi complémentaire santé collective, couvre les frais de santé : consultations médicales, hospitalisations, optique, dentaire. Depuis la loi ANI, entrée en vigueur le 01/01/ 2016, toutes les entreprises du secteur privé ont l'obligation de proposer une mutuelle à leurs salariés, avec une participation patronale minimale de 50 % de la cotisation.


La prévoyance collective couvre quant à elle les risques liés aux aléas de la vie professionnelle et personnelle : l'incapacité temporaire de travail, l'invalidité, le décès. Elle peut également inclure des garanties comme la rente éducation pour les enfants du salarié décédé, ou la rente de conjoint.


Ces deux dispositifs sont complémentaires mais indépendants. Une entreprise peut avoir mis en place une excellente mutuelle tout en étant totalement défaillante sur la prévoyance collective. C'est précisément ce que les contrôles de conformité révèlent le plus souvent.


Qu'impose réellement votre convention collective ?

C'est ici que la situation se complique. Il n'existe pas en France une seule règle universelle en matière de prévoyance collective. Les obligations varient selon la convention collective applicable à votre entreprise, et chaque branche professionnelle a ses propres dispositions.

Certaines conventions collectives imposent uniquement un niveau minimal de garanties décès.


D'autres vont beaucoup plus loin en prévoyant des niveaux précis d'indemnisation en cas d'incapacité temporaire, des garanties d'invalidité avec des taux de rente définis, une rente éducation obligatoire, ou encore des organismes assureurs recommandés.


Le principe est le suivant : les dispositions de votre convention collective s'imposent à vous dès lors qu'elles existent. Vous ne pouvez pas y déroger par un contrat moins favorable. En revanche, vous pouvez aller au-delà des minima conventionnels si vous le souhaitez.


Parmi les conventions collectives qui comportent des obligations de prévoyance collective particulièrement structurées, on trouve notamment le bâtiment et les travaux publics, le commerce de détail, les transports routiers, les cabinets médicaux et paramédicaux, ou encore la métallurgie. Mais cette liste est loin d'être exhaustive.


Le premier réflexe à avoir est donc d'identifier précisément la convention collective qui s'applique à votre entreprise, puis de lire attentivement le chapitre consacré à la prévoyance pour en extraire les obligations réelles.


Que se passe-t-il si vous n'êtes pas en conformité ?

Les conséquences d'un défaut de conformité en matière de prévoyance collective sont de deux ordres : un risque juridique et un risque financier.


Sur le plan juridique, un salarié ou ses ayants droit peuvent se retourner contre l'employeur si ce dernier n'a pas respecté ses obligations conventionnelles. En cas de décès ou d'invalidité d'un salarié non couvert alors qu'il aurait dû l'être, l'entreprise peut être condamnée à verser elle-même les prestations qui auraient dû être servies par l'assureur. Cela peut représenter plusieurs années de salaire, ou une rente viagère dans les cas les plus graves.


Sur le plan fiscal et social, les cotisations patronales de prévoyance collective bénéficient d'un régime social et fiscal avantageux : elles sont déductibles du bénéfice imposable et exonérées de charges sociales dans certaines limites, à condition que le contrat respecte les critères légaux de mise en place. Un contrat mal structuré ou non conforme peut faire perdre ces avantages, avec un risque de redressement URSSAF à la clé.


C'est d'ailleurs l'un des thèmes récurrents de redressement lors des contrôles URSSAF : la non-conformité des contrats de prévoyance collective, que ce soit sur le caractère obligatoire du contrat, sur les catégories de salariés couvertes, ou sur les actes juridiques de mise en place.


Les garanties les plus couramment prévues par les accords de branche

Sans entrer dans le détail de chaque convention, voici les garanties que l'on retrouve le plus fréquemment dans les dispositifs de prévoyance collective imposés par les branches professionnelles.


La garantie décès toutes causes est la plus universelle. Elle prévoit le versement d'un capital aux bénéficiaires désignés par le salarié en cas de décès, exprimé en multiple du salaire annuel brut. Un niveau courant se situe entre une et deux fois le salaire annuel, mais certaines branches vont au-delà.


La garantie incapacité temporaire de travail prend le relais des indemnités journalières de la Sécurité sociale après un délai de carence défini par le contrat. Elle permet de maintenir tout ou partie du salaire net du salarié pendant un arrêt de travail prolongé.


La garantie invalidité intervient lorsque le salarié est reconnu invalide par la Sécurité sociale. Elle verse une rente mensuelle dont le montant est calculé en pourcentage du salaire de référence, en complément de la rente d'invalidité servie par le régime obligatoire.


La rente éducation est une garantie souvent méconnue des dirigeants. Elle prévoit le versement d'une rente périodique aux enfants à charge du salarié décédé, jusqu'à un âge défini dans le contrat, généralement 18 ou 26 ans en cas de poursuite d'études. Son montant est exprimé en pourcentage du salaire de référence par enfant.


La garantie perte totale et irréversible d'autonomie permet le versement anticipé du capital décès lorsque le salarié se trouve dans l'incapacité totale et définitive d'exercer toute activité professionnelle et nécessite l'assistance d'une tierce personne pour les actes essentiels de la vie.


Comment mettre en place un contrat de prévoyance collective conforme ?

La mise en place d'un contrat de prévoyance collective dans l'entreprise ne peut pas se faire de manière informelle. Elle est encadrée par des règles précises qui conditionnent la validité du dispositif, notamment pour bénéficier des exonérations de cotisations sociales.


Le contrat doit être mis en place par l'un des trois actes juridiques suivants : un accord collectif négocié avec les représentants du personnel, une décision unilatérale de l'employeur formalisée par écrit et remise aux salariés, ou un référendum d'entreprise ratifié à la majorité des salariés concernés.


La décision unilatérale de l'employeur est la voie la plus utilisée dans les petites structures qui n'ont pas de représentants du personnel. Elle doit impérativement être rédigée avec précision : elle doit mentionner les garanties couvertes, les catégories de salariés concernées, les taux de cotisation et la répartition entre part patronale et part salariale, ainsi que l'organisme assureur retenu.


Les catégories de salariés couvertes doivent correspondre à des catégories objectives définies par la réglementation. Il n'est pas possible de couvrir uniquement les salariés que l'employeur souhaite avantager de manière discrétionnaire.


Pourquoi faire appel à un courtier indépendant plutôt que de souscrire directement ?

La mise en place d'un contrat de prévoyance collective conforme nécessite une double compétence : une connaissance précise du droit social et des conventions collectives, et une maîtrise du marché des assureurs pour identifier le contrat offrant le meilleur rapport garanties/cotisations.


Un courtier indépendant n'est lié à aucun assureur. Il peut consulter l'ensemble du marché, comparer les offres sur des bases objectives, et sélectionner le contrat le mieux adapté à la structure de votre entreprise, à votre convention collective, et à votre budget.


Il assure également la conformité juridique du dispositif mis en place, rédige ou vérifie l'acte de mise en place, et accompagne l'employeur dans la communication auprès des salariés.


Enfin, il suit le contrat dans la durée : évolutions législatives, révisions tarifaires annuelles, gestion des sinistres, et adaptation du dispositif en cas de changement dans la structure de l'entreprise.


Ce que vous risquez de ne pas savoir sans audit préalable

Dans la pratique, beaucoup de dirigeants pensent être en conformité parce qu'ils ont souscrit un contrat de prévoyance collective à un moment donné. Mais la conformité n'est pas un état permanent. Elle doit être vérifiée régulièrement, car les accords de branche évoluent, les effectifs changent, et les contrats peuvent ne plus correspondre aux obligations actuelles.


Un audit de votre dispositif existant permet de répondre précisément aux questions suivantes : votre contrat couvre-t-il bien toutes les garanties imposées par votre convention collective, vos actes de mise en place sont-ils juridiquement valides, votre répartition patronale/salariale est-elle conforme, et bénéficiez-vous réellement des exonérations auxquelles vous avez droit ?


Faites auditer votre dispositif de prévoyance collective par JABA Courtage

Chez JABA Courtage, l'accompagnement des dirigeants de TPE et PME en matière de prévoyance collective fait partie du coeur de métier du cabinet. Jean-Sébastien Simon-Godin réalise un audit complet de votre situation : analyse de votre convention collective, vérification de la conformité de votre contrat actuel, identification des risques juridiques et fiscaux, et mise en place ou refonte de votre dispositif si nécessaire.


Que vous ayez déjà un contrat en place et que vous souhaitiez en vérifier la conformité, ou que vous partiez de zéro, un premier échange permet de faire le point rapidement et sans engagement.


Prenez rendez-vous sur www.jaba-courtage.fr ou contactez directement le cabinet au 06 12 59 10 48.

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